«A l’ombre de l’épidémie – implications de la crise du Corona virus sur les victimes d’agressions sexuelles», le Rapport annuel 2020, présenté devant la Knesset, montre une très forte augmentation des agressions sexuelles et de l’inceste au sein de la famille : +33%!

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« Voilà pourquoi je pleure; mes yeux, mes yeux ruissellent de larmes; car autour de moi il n’est personne pour me consoler, pour relever mon courage. Mes fils sont dans la désolation, car l’ennemi l’a emporté. » (Lamentations 1, 16)

«Je ne peux pas supporter l’idée de rentrer chez moi», écrit M., jeune femme de 21 ans qui a grandi dans un foyer violent et fait, actuellement, partie de l’armée régulière en Israël.
L’armée est son refuge.

Elle espère l’annonce d’un couvre-feu afin de ne pas avoir à rentrer chez elle et devoir se souvenir de visions, d’odeurs, de sentiments si puissants…. qu’elle s’efforce d’oublier chaque jour.
Environ 54% des messages par tchat aux centres d’aide aux victimes d’agressions sexuelles, hommes et femmes, concernent des abus subis au sein même de la famille. La grande majorité des cas révèlent un inceste, le reste, d’un préjudice contre le conjoint.

Environ 30% des communications proviennent de garçons et de jeunes filles mineures.
Dans le contexte actuel nous sommes tous obligés de rester à la maison pour nous protéger de la pandémie qui sévit dans le monde, mais pour eux, pour elles, cette maison est probablement devenue l’endroit le moins sûr. C’est cette épidémie là que nous avons tendance à nier.
«Ma maison est ma forteresse» nous a rappelé à tous le Premier ministre Netanyahou, fameuse phrase doublement vraie dans la réalité qui nous est imposée. Mais, en temps de crise et de confinement, la nécessité de s’enfermer chez soi augmente les risques d’agressions sexuelles, d’une part, et les réactions post-traumatiques des cicatrices du passé, d’autre part.

Violation du quotidien, solitude suite aux nouvelles restrictions, retour forcé à la maison, plus d’école, plus d’université, plus d’emplois, vie sociale et sociable mise en pause… tout cela condamne les victimes, bien malgré elles, sur les lieux même du crime.
À ce moment précis, le sentiment d’incertitude et la perte de tout contrôle sur la situation peuvent réveiller des douleurs ressenties lors des abus sexuels.

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Au cours de ces drames, la victime se sentait impuissante face à l’innommable, le parallèle devient trop criant et la conduit souvent vers de terribles souvenirs et une réaction post-traumatiques aux blessures du « passé ».
Qui plus est, devant la réelle difficulté de retourner au domicile où le crime s’est produit et devoir faire face aux conséquences dramatiques de la mémoire vivante, la situation actuelle invite, ou crée, des terrains à risque supplémentaires.

Tel est, par exemple, l’intérêt soudain empathique de l’agresseur, pour des proches ou ex-conjoints abusés sexuellement par le passé, qui profite de la crise mondiale pour se rabibocher, sous prétexte d’une soi-disant inquiétude pour la sécurité de ses ex victimes.
«Il a appelé» nous écrit-elle.

Entrer en contact du seul fait de cette crise, c’est s’octroyer le droit de pénétrer, à nouveau, dans leur vie avec une excellente excuse. La surprise et l’impréparation à ce regain d’intérêt conduiront, très souvent, les victimes vers un état de prostration, comme si la menace frappait à nouveau à ce moment.
C’est l’un des mécanismes de réponse.

Elle nous écrit car elle se sent à nouveau profanée.
Le traumatisme résonne comme s’il se passait maintenant.
Elle redevient la fillette de 5 ans, et, perdant la jeune fille de 25 ans qu’elle est devenue, elle retombe, une nouvelle fois, sous son emprise.

L’épidémie de corona a également entraîné une cessation partielle des suivies psychologiques des victimes. Ces traitements étaient une bouffée d’oxygène pour de nombreuses personnes qui souffraient de déchirures suite à une ou plusieurs agressions sexuelles.

D’autres ont récemment pris leur courage à deux mains pour dénoncer leur drame, dévoiler leur blessure, et recevoir des soins adéquats. Force est de reconnaître, malheureusement, qu’elles devront patienter avec leur plaie béante pendant une période encore inconnue.

En ces temps de crise, dans les centres d’assistance aux victimes, le système a été renforcé autant que possible. Ils fournissent une réponse préliminaire, sûre et anonyme. En plus des anciennes lignes d’assistance téléphonique, il est également possible de les contacter par écrit et de recevoir une réponse immédiate, personnelle et sécurisée.

Aux jours d’aujourd’hui, lorsque certains d’entre nous ont du mal à trouver l’intimité nécessaire pour cet appel téléphonique aussi personnel que déchirant, il est heureusement possible d’écrire un message et d’obtenir de l’aide depuis le canapé du salon, sans que personne ne le sache.
La perception de la maison, comme scène de guerre, et dans certains cas même comme scène d’homicide familial, est incompatible avec la perception du nid chaleureux et affectueux auquel la plupart d’entre nous, garçons et filles, sommes habitués.

Si c’est votre cas, je vous en supplie, ne restez pas seul!
La culpabilité et le sens des responsabilités font partie intégrante du préjudice causé par l’inceste.
La culpabilité naît presque simultanément avec l’agression sexuelle elle-même, et plus l’agression dure longtemps, plus grande sera la culpabilité.
Cela découle du fait qu’en règle générale, il n’y a vraiment eu aucune objection aux actes commis, même si ces derniers étaient manifestement offensants, et il est difficile pour la victime de s’expliquer pourquoi elle ne s’y est pas opposée.

Elle ne sait pas comment décrire les relations de pouvoir, inégales entre elle et le délinquant. Le criminel est une personne proche et faisant autorité, dont le rôle est de prendre soin, de protéger.
Dans de nombreux cas, le criminel est menaçant, voire effrayant, il peut même essayer de rejeter la faute sur sa victime.

Dans d’autres cas, l’agresseur donne à la fille le sentiment qu’elle est unique et qu’elle tient désormais une place privilégiée grâce à ses relations obséquieuses avec lui. Cette ascendance maléfique génère chez elle le ressenti que ces faits et gestes lui offrent certains avantages en échange de son silence.

Elle éprouve parfois une certaine empathie envers l’agresseur, malgré ses actes. Cependant, dans la plupart des cas, il y a une peur paralysante de briser la famille si le secret était révélé. La victime a le sentiment que le maintien de l’unité familiale relève de sa responsabilité et dépend de son silence. Elle a aussi, quelquefois, l’impression d’être garante de la sécurité du reste de la famille, elle se sacrifiera pour le bien de la fratrie, par exemple, ou pour le bien de la mère.

De temps en temps, le sens de cette responsabilité se reporte sur le criminel lui-même et la pensée de dénoncer ses actes lui causerait un préjudice peut être très fâcheux.
Dans tous les cas, la conclusion est une: il vaut mieux garder le silence.
Le silence et la prostration ne sont pas identiques, mais dans le cas de l’inceste, ils sont étroitement liés.

Comme mentionné plus haut, le mutisme découle de la culpabilité et du sens des responsabilités, mais aussi, souvent, en raison de la blessure entaillée dès le plus jeune âge. La victime n’avait pas, alors, les mots pour expliquer ce qui se passait.

Le silence vient également du sentiment qu’il n’y aura personne pour entendre.
La plupart de ceux qui ont subi un préjudice déclarent avoir tenté d’exprimer leur détresse, mais en vain.
Alors elle a appris à se taire.
Le silence et la prostration découlent tous deux de la peur.
La prostration est un mécanisme naturel qui survient face à une menace, tout comme nous voyons dans la nature un lapin statufié devant les lumières d’une voiture qui se dirige rapidement vers lui.

Lorsque la blessure se poursuit, elle devient un détachement de soi, connu également sous le nom de dissociation – le sentiment d’être là sans y être, d’être hors du corps et hors de la situation.
Parfois, celle-ci est si totale qu’il n’existe plus aucun souvenir de la tragédie.
Tout cela est le résultat de notre mécanisme de dissociation de nous-mêmes lors d’un événement difficile et menaçant.

Le détachement de soi permet au corps et à l’esprit de tolérer des choses insupportables, et permet également un fonctionnement quotidien, car sans la capacité de se dissocier des horreurs, il est impossible de vivre.
Son prix est un sentiment de léthargie émotionnel, un sentiment de distance par rapport au monde, un manque d’appartenance et de solitude.

Personne ne comprend vraiment.
Personne ne peut vraiment aider.
Chacun vit sa vie.
Tout le monde est heureux, ambitieux, aimant. Et vous ne faites pas partie de ce monde. Seulement en apparence.

Un autocollant dans la salle de bain qui dit « vous n’êtes pas seul » et un coup de téléphone des centres d’aide est certes encourageant, mais n’accompagne pas vraiment la solitude abyssale, conséquente de l’agression.

Toute personne ayant vécu un choc traumatique se ressent comme séparée du reste du monde, isolé dans sa souffrance, dans son incompréhension à jamais.
D’autant plus vrai dans les cas d’inceste, lorsque la victime supporte ce secret, un secret terrible et sombre, partagé avec le seul criminel.
Découvrir d’autres cas dans les médias n’est pas plus réconfortant, même si certains ont une «fin heureuse».
Pour l’information, la victime est un sacrifice innocent et le criminel, un monstre.

Mais pour la plupart, sinon la totalité, des victimes, la tragédie n’est pas si dichotomique. Les ressentis se mêlent, parfois de l’amour et de la compassion pour l’agresseur, une haine de soi si profonde qu’il faudra beaucoup de temps pour s’en remettre.

La haine de soi, la torpeur émotionnelle, la perte du contrôle de soi, tout cela et plus encore, provoquent de graves symptômes pouvant apparaître pendant et même après la cicatrisation de la blessure.
Des symptômes tels que des troubles alimentaires, automutilation, consommation de drogues et d’alcool, dépression, suicide, difficulté à établir une relation de confiance, difficulté à persévérer dans un travail, à l’école, trouble dissociatif à divers degrés, victimisation, difficultés liées à la sexualité et aux rapports sexuels. Toutes les personnes porteuses de tels syndromes révèlent pour la plupart des agressions et traumatismes sexuels à un plus jeune âge.

Pendant des années, les crimes incestueux étaient absents du débat public, bien qu’ils soient considérés comme un tabou et un péché dans la plupart des cultures et religions.


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