J’introduis mon texte avec deux affaires significatives ayant eu lieu en ce début d’année 2022 !

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1) 24 heures après l’approbation par le tribunal de l’accord entre le bureau du procureur de l’État et le député Arieh Deri, pour infractions fiscales, et sa condamnation à une peine avec sursis accompagnée d’une amende de 180 000 NIS, le président du parti Shass a attaqué le système d’application de la loi dans un discours à la Knesset et déclaré:
« Toute personne en Israël sait que si je ne m’étais pas appelé Makhlouf Aryeh Deri, le problème aurait été résolu avec l’inspecteur des impôts, comme cela se produit dans des milliers d’autres cas. »

2) Le député Doudi Amsellem a laissé entendre que la juge de la Cour suprême, Esther Hayout, était une raciste envers les Sefardim :
« Écrivez que vous ne tolérez ni les « Amsellem » ni les Makhlouf »,
Cette dernière a répondu:
« Il n’y a rien de plus éloigné de la vérité que de dire une telle chose à propos de moi »
Et d’ajouter:
« Oui, nous avons tous les deux le devoir de faire le bien – et non de semer la division et la provocation »
Le député Amsellem de rétorquer: « Je ne suis pas moins sage que vous, c’est une politicienne qui pense que je suis stupide. »

Lorsque les dénominations, « séfaradi et oriental » deviennent un objectif et un slogan au lieu de nous conduire vers un changement visant à réparer les injustices et à créer plus de parités, nous attirons, à nouveau, notre attention vers le succédané de la chose et non point vers l’essentiel du racisme et de l’ethnicité en Israël. D’une certaine manière, c’est vouloir marcher pieds nus sur du verre brisé, et penser en sortir indemne.
Certes il y a du racisme en Israël, il y a eu et il y a de la discrimination.
Il n’est pas inutile de rappeler que presque tous les immigrés en Israël ont connu les affres et les peines de l’intégration. De nombreuses erreurs ont été commises concernant le rassemblement des communautés ethniques, originaires d’orient et d’Afrique du nord, en Israël. Certaines conscientes et d’autres inconscientes, certaines en raison de circonstances historiques, d’autres en raison de politique politicienne et d’une configuration préméditée du nouvel Israël.

Oui, cela a créé des injustices.
Oui, la plupart n’ont pas encore trouvé de solution définitive… Mais un discours de haine persiste et se renforce, le démon ethnique prend du poids, je dirais, ne perd rien de sa densité.
Naturellement, la population israélienne évolue, elle est de plus en plus métissée et intégrée en termes d’origine. Ainsi, petit à petit, devrait-elle abandonner son affiliation à une couleur ou à une autre, d’autant plus que d’année en année le pourcentage des naissances dans le pays, par rapport à la population totale, augmente sensiblement.
Malheureusement, le conflit oriental ashkénaze s’intensifie au lieu de se canaliser vers des changements probants au sein même de l’ensemble sociétal. Ce clivage est renforcé par des considérations électorales bien au-dessus de l’intérêt public, de la politique démocratique, de la nécessité d’orienter l’action égalitaire et d’œuvrer à réduire les disparités dans tous les domaines.

Nous vivons à travers nos stéréotypes, ce n’est guère une explication exclusivement israélienne, mais surtout humaine. Nos bipèdes respirent les généralisations et les déterminations depuis des temps immémoriaux. Cela crée en chacun de nous nombre de préjugés qui finissent par intégrer notre monde intérieur, mais aussi, en fait, établir un ordre social tronqué. En conséquence, il serait important, et de bon aloi, de les proscrire et non de les nourrir.
Alors que cette culture nous fourvoie et étend son potentiel de nuisances, la lutte n’est plus contre les stéréotypes, ou les injustices seulement, mais s’est muée en une lutte pour le pouvoir et le contrôle participatif.

Ignorer volontairement l’histoire des Juifs orientaux et Sefaradim a été une grave erreur dont l’étendue des dommages est bien plus grande que l’ignorance de l’histoire elle-même.
Et pourtant, le correctif ne se fera pas à travers une révolution pour la suprématie du « second Israël » qui viendrait remplacer la suprématie hégémonique ashkénaze, car en fait il s’agit ici du même dans un costume différent.
Est-ce que la question des orientaux – sefaradim, face aux Ashkénazes demeure une question cardinale, concernant les problèmes nationaux d’Israël?

À mon humble avis, certes, c’est important, cette lutte est une jurisprudence non seulement pour cette communauté, mais aussi pour toutes ces nouvelles immigrations présentes et à venir. Pensez, bien évidemment, aux Israéliens éthiopiens, aux Bne Menashe, aujourd’hui, eux aussi sont de nouveau méprisés, mal considéré.
Avons-nous tiré les leçons du passé comme du présent ou sommes-nous condamnés à refaire les mêmes erreurs, pour ceux qui poursuivent la chaîne sociale et stéréotypée ?
L’exclusion doit cesser pour tous!

La solution n’est pas de haïr les Ashkénazes, ou tout autre public. Notre haine profonde, jamais, ne nous autorisera à grandir, ne nous permettra de devenir. La question ethnique doit être neutralisée par les moyens dont dispose le gouvernement, cela fait partie de l’exigence politique pour l’État d’Israël.

David Deri, Ruth Yuval et Doron Glazer, les créateurs de la série « Salah, voici la Terre d’Israël », ont fait un excellent travail journalistique. Ils y exposent de nouveaux documents concernant le racisme et la ségrégation subis par les Juifs d’Afrique du Nord en Israël. Dans des conditions qui ne sont pas immédiatement familières à la plupart des spectateurs en Israël, ils dévoilent nombre de témoignages accablants de vérité et de peine. La diffusion télévisée de cette série, il y a quelques années, provoqua une levée de boucliers, mais aussi, un réel et sincère mea-culpa. Les tensions ethniques sont tout ou partie de la mémoire collective d’Israël, contrecoup de la discrimination systématique des Juifs séfarades et Orientaux dans le passé et, selon des réalités criantes et insupportables, encore et toujours aujourd’hui. La réalité veut que de manière récurrente, une série, un film ou, une émission de télé-réalité, ressuscitent le « démon ethnique» et interpelle sérieusement la société dans laquelle nous vivons.

Après l’indépendance, la violence arabe les forçant à quitter leur pays natal, les Juifs sefardim et orientaux commencèrent à arriver en Israël en grand nombre. L’establishment ashkénaze considérait ces nouveaux venus comme des arriérés dont les traditions et la culture étaient similaires à celles des ennemis d’Israël, les Arabes. Ainsi devinrent-ils les victimes d’une discrimination organisée, et préméditée, par les nouveaux maîtres de race blanche. Dès leur arrivée en Israël, ils se virent, méthodiquement, expédiés dans des camps de transit où les conditions de vie n’étaient pas des plus tendres. Quand ils purent enfin quitter ces camps, leur destination était un aller simple pour les seules villes de développement dans le désert du Néguev, entre autres.

Dans la version israélienne du «creuset», les Juifs sefardim et orientaux furent encouragés à se conformer à l’idéal sioniste ashkénaze occidental, principalement via les écoles publiques et l’armée. Leurs enfants étudièrent, au sein de l’enseignement séculier, le patrimoine culturel et les personnages historiques ashkénazes, c’est tout! Dans les écoles religieuses d’état, ils seront contraints de pratiquer un Judaïsme aux sons de la cloche ashkénaze. Nul n’est besoin de rappeler l’attitude de discrimination du monde orthodoxe qui, jusqu’à ce jour, agit en toute impunité à l’encontre du monde Séfaradi et Mizrahi. Les propos sans appel de David Ben Gourion, alors Premier ministre d’Israël, témoignent de cette farouche volonté du monde ashkénaze dans les premières années de l’État:

« Ces Juifs du Maroc n’avaient pas d’éducation. Leurs coutumes sont celles des Arabes … La culture du Maroc que je n’aimerais pas avoir ici … Nous ne voulons pas que les Israéliens deviennent des Arabes. »

Le décalage entre la situation novice, vulnérable des immigrants et la détermination des responsables et dirigeants de l’Agence juive à implanter cette manne humaine dans des zones isolées, sans infrastructure économique ou d’emploi, est quasiment impensable.
Preuves en sont ces protocoles dans lesquels des fonctionnaires, juifs, menacent ceux qui ne coopéreraient pas, d’être, entendez bien, privés des avantages de l’intégration, c’est-à-dire d’emploi ou de logement. Il est ahurissant de constater que ces mêmes gens, rescapés d’Europe, du nazisme, puissent se conduire avec autant de froideur et de dégoût face à leurs frères. Un refus catégorique, et sans appel, de la parole prophétique annonçant le rassemblement des exilés.
Les efforts de l’establishment ashkénaze pour « moderniser » les Juifs sefardim et orientaux furent en grande partie infructueux, ces derniers gardèrent leur culture unique et leur identité forte.
S’ils représentaient la moitié de la population d’Israël, au début des années 1970, ils étaient toujours absents de la direction du pays, absents dans les universités, mais présents dans la précarité, le chômage et les prisons. Étonnamment, au même moment, leur famille arrivée en France, dans les années 60, gravissait tous les échelons de la société française à tous les niveaux et dans tous les domaines…Je suis sépharade, mais si la lutte pour l’égalité inclut un nouveau type de racisme dirigé contre les Ashkénazes, ou si l’objectif d’une force «orientale» précède les questions morales, le combat est perdu d’avance. Les lectures ethniques au sujet de Deri ou d’Amsellem sont injustes à bien des égards. En tant que députés, ils peuvent et doivent encourager un changement dans la répartition des ressources, l’élargissement de la représentation, l’introduction du récit de toutes les cultures composant Israël dans l’histoire israélienne, l’intégration professionnelle dans tous les domaines, l’encouragement de la créativité, l’action législative, favoriser l’activisme parlementaire et la création de coalitions sociales et plus encore.
Comme l’avait vu en son temps Ernest Renan dans «Qu’est-ce qu’une nation?» c’est moins le passé que l’avenir qui définit un peuple, car une nation est surtout le projet de « faire des choses ensemble ».
On pourrait donc soutenir que la pluralité des cultures n’est une richesse pour le genre humain que si chacune contribue à l’édification d’un monde meilleur et prend en compte, par exemple, le destin des générations futures à l’heure de la crise écologique, comme l’avait vu Hans Jonas dans « Le principe de responsabilité ». Le respect de la différence culturelle ne doit donc pas occulter l’importance de ce qui touche l’Humanité tout entière. Le risque ici est de diviser les forces là où elles doivent s’unir.

 

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