Le grand rabbin d’Israël, le Rav Yitzhak Yossef, a attaqué le ministre des cultes, Mr Matan Kahana, lors de la conférence des « Mille rabbins d’Israël », et a apostrophé tout autant l’ensemble des rabbanim le soutenant dans ses démarches de reformes de la cashrout et des conversions. Le grand Rabbin n’a rien trouvé de mieux que de les traiter de « Petits rabbins », ceci nous laissant pantois si ce n’est coi devant une telle attitude outrecuidante!

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Le Rav et Dr. Ido Pechter a écrit, à juste titre, sur Arutz 7: «La haine développée envers le ministre Matan Kahana, suite à son aspiration de faire face courageusement aux échecs du système de cacherout, a fourvoyé la sagesse rabbinique. Ce qui avait commencé par des propos bon marché de politiciens, s’est maintenant transformé en un flagrant mépris. Le mépris engendre une appréhension erronée de ce qui est lu, et à partir de là, le chemin facilement réductible à une violation de la tradition halakhique comme concernant le ‘eter mech’ira’ durant l’année shabbatique. Voici un exemple de la façon dont le style affecte finalement le contenu. Le mépris d’une personne se termine par le mépris de la loi.»

Il n’est pas nécessaire d’être grand maitre en psychologie pour se rappeler que le mépris d’autrui n’est que l’une des expressions opposées du mépris de soi. Il est étonnant de voir que l’arrogance des « commissaires spirituels » (les « grands rabbins ») en tout genre, cache mal une profonde souffrance existentielle. On sait que le dogmatisme est, toujours, une prothèse pour ceux qui ne sont pas sûrs d’eux-mêmes. L’agression verbale, ou physique, dans n’importe quel domaine, est en effet une approche infantile perçue comme un acte de résistance face au ‘blitz’ sociétal. Les militants fondamentalistes, pour quelque raison que ce soit, sont toujours, narcissiques, impuissants, dans le besoin du soutien de leurs collègues, conformistes aussi, afin de garantir leur existence et vice et versa. Ils sont obsédés par la pratique de l’office rabbinique, un fonctionnariat, mais, à Dieu ne plaise, jamais se mettre en quête halakhique portant sur la résurrection du « peuple » à Sion, jamais une investigation halakhique portant sur la dimension nationale jusque-là inconnue!

Ces héros, porteurs d’une croyance ingénue, comme seule et unique vérité, sont tout à fait incapables d’être attentifs au magma souterrain qui évoque, dans ses profondeurs, le corps social malade de la religion et de sa foi. Il frappe et transperce de plus en plus l’épaisse croûte de la doxa orthodoxe.
Dans ce contexte, sachez que nos « Petits Rabbins » laissent, eux, place à l’introspection, savent s’extirper de leurs certitudes, sont attentifs à ce qui se passe réellement dans leur monde. A sa manière imagée, Platon dit : « Retourne l’huître » ou mieux en Hébreu: « Retourne le plat sur lui-même».

C’est-à-dire faire une révolution dans notre perception, savoir adapter ce lieu où les mots, les actes et les choses seraient dans un ajustement plus convenu et plus synchrone.
C’est-à-dire qu’il faut, a priori, non pas une loi rigide, conditionnée à une obéissance à sens unique et qui plus est trop souvent, une exigence moraliste et zélée, mais bien un dialogue franc et constructif, rétrospectivement, qui permette de s’entendre, tant bien que mal, sur un compromis saisi par tous et pour tous.

Le Juif est de retour sur son ancienne-nouvelle terre, redevenu l’Israël au port altier, un état pour la Nation Hébraïque et non plus une vulgaire communauté juive, quel en est le sens, le signifiant?
A mon humble avis, il doit cesser d’ostraciser l’environnement, le monde, la création, cesser de s’enfermer dans une radicalité extrême. Certes, l’exil l’obligeait à survivre mais il faut aujourd’hui entendre et comprendre, connaitre et savoir quel est la raison profonde et essentielle du renaitre en tant que peuple, en tant que nation souveraine. Des profondeurs du monde rabbinique s’élèvent, en bruit de fond, un vacarme, une clameur qui annoncent et déclarent, haut et fort, le mépris, la morgue et le dédain pour ces « petits rabbins » rebelles.

Le plus souvent ces assertions s’accompagnent d’un comité diligenté où tous, sans exception, ont une très haute opinion doctorale d’eux-mêmes. Les élites rabbiniques sont maculées, elles ne parviennent pas à se rassembler pour formuler une constitution toranique si nécessaire pour le peuple des Hébreux contemporains. Ils n’incarnent nullement la responsabilité publique du monde de la halakha, à la lumière de la réalité actuelle: politique, économique, sociale, religieuse, militaire et plus encore…
Créer une formulation et la transcrire dans les faits et gestes du collectif hébreu, voici la forme harmonieuse tant attendue et prenant en compte le pluralisme ‘tribal’ de notre peuple. Ceci est l’unique vocation et le destin essentiel de l’ensemble de cette élite spirituelle, si tant est qu’il existe une telle créature. Répondez donc à tous les défis de l’époque messieurs, à toutes les questions posées par notre nouveau statut, revenez à l’Hébreu (Israël fédératif) et ne vous contentez plus d’un Judaïsme exilique (fraction d’Israël)!

La tolérance, nous le savons, ne peut être une statistique comportementale, innée disait-on, qui répondrait à un besoin physiologique comme la faim ou la soif, ni même une valeur universelle généralement admise comme telle.
La tolérance reste le fondement de la culture démocratique, où les vérités sont des divergences relatives et légitimes, elle ne se concilie point avec les régimes totalitaires, qui prônent un système de pensée uniforme.
Dans un monde qui aspire à la paix, où la démocratie se répand, elle n’est guère présente partout, bien au contraire, on assiste à l’éveil du racisme, de la xénophobie, du nationalisme radical, du fanatisme religieux, de l’exclusion sociale et des discriminations de toutes sortes. La paix, l’harmonie, le compromis apporte une composition de la vision partagée et commune, quoique proportionnée, du passé, du présent et de l’avenir. Pour établir des valeurs collectives, tous les acteurs doivent savoir ce que signifie la parole.

La parole semble saisie d’une profonde ambivalence, non pas en elle-même, mais liée aux humains qui l’utilisent et à leurs imperfections. C’est certes une source de proximité, voire de communion, mais c’est aussi une source de division. Fragile, éphémère, elle tire sa force et sa vertu, au mieux, de la dignité de celui qui la prononce, au pire, des moyens de manipulation utilisés. Son emploi, ou son mauvais emploi sont révélateurs, comme la valeur de ces utilisateurs, donc tous portent la responsabilité.
Les humains sont responsables de ce qu’ils expriment et ce qu’ils disent aura des conséquences certaines. Un mot peut non seulement combattre, guérir, élever, mais il peut aussi meurtrir et parfois tuer, symboliquement bien sûr, mais tuer quand même.

« Sages, méfiez-vous de votre parole! » (Pirkei Avot)
La lutte pour l’image de l’État d’Israël dure depuis plus de soixante-dix ans, et bat toujours son plein de toutes parts, conservateurs, religieux et libéraux, la lutte est légitime, mais des tout côtés, tous les outils et expressions ne sont pas louables. Dans la lutte présente aujourd’hui, concernant la réforme de la cashrout et des conversions, des lignes rouges ont été franchies ces derniers jours. L’opprobre jeté sur la personne des « Petits Rabbins », la honte et la disgrâce, les ont fait rougir, le sang a été versé par des félons de noir vêtus.
Lorsque des politiciens, ou des personnalités publiques s’expriment de manière abusive, ils transgressent leur statut et leurs électeurs, lorsque les rabbins le font au nom de dieu, ils profanent le sacré au sens le plus large. Dans ces querelles de chapelle, et même pour des considérations matérielles, il est commandé de dire des choses qui sont soutenables à l’oreille d’une manière comprise par le grand public et ainsi accroitre l’amour de la Torah et non l’inverse.

 

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